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mercredi 21 octobre 2026
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Kenya : le gourou Paul Mackenzie reconnu coupable du meurtre de 191 personnes à Shakahola

Kenya : le gourou Paul Mackenzie reconnu coupable du meurtre de 191 personnes à Shakahola

La Haute Cour de Mombasa, au Kenya, a reconnu coupables lundi 19 octobre le prédicateur autoproclamé Paul Mackenzie et ses coaccusés du meurtre de 190 enfants et d’un adulte, morts dans la forêt de Shakahola, ont rapporté RFI, France 24 et l’AFP. Les peines seront prononcées le 6 novembre.

Un jugement lu pendant près de neuf heures

Dans une salle d’audience en plein air, à Mombasa, la juge Diana Kavedza Mochache a égrené pendant de longues heures les chefs d’accusation retenus contre le fondateur de l’Église internationale de la Bonne Nouvelle. Selon l’envoyée spéciale de RFI, la lecture du jugement a duré près de neuf heures. Le pasteur, resté impassible selon l’AFP, comparaissait avec des fidèles poursuivis pour avoir laissé mourir leurs propres enfants : 29 prévenus au total d’après la magistrate citée par l’agence.

« Je suis convaincue que l’accusation a prouvé sa thèse contre les 29 accusés », a déclaré la juge, selon la traduction de ses propos rapportés par l’AFP. Le procès, ouvert il y a plus de deux ans, a entendu plus de 130 témoins, précise RFI, qui le décrit comme la plus importante affaire judiciaire du Kenya depuis l’indépendance.

Une « hiérarchie de la mort » décrite par l’accusation

D’après le parquet, Paul Mackenzie a organisé des jeûnes extrêmes sur son domaine d’environ 325 hectares, en promettant à ses adeptes qu’ils « rencontreraient Jésus ». L’accusation a décrit un ordre établi : les enfants d’abord, puis les adolescents, les femmes et enfin les hommes. La juge a qualifié l’organisation de structure hiérarchisée, dans laquelle chacun appliquait des consignes et où des gardes surveillaient les fidèles, selon RFI.

Selon l’AFP, le tribunal a établi la mort par inanition pour 72 victimes ; d’autres sont mortes par asphyxie, compression du cou ou traumatisme crânien. Pour 110 corps trop dégradés, la cour a déduit des éléments de contexte qu’il s’agissait aussi de décès par la faim. « À Shakahola, l’ordre naturel a été renversé : les parents qui doivent protéger leurs enfants sont devenus ceux qui les menacent », a résumé la magistrate, citée par RFI.

La défense annonce un appel

L’avocat des accusés, Lawrence Obonyo, a jugé la décision « déconcertante » auprès de l’AFP et annoncé un appel. Selon RFI, il reproche à la cour de s’être concentrée sur l’opinion publique et soutient que le jeûne relevait d’un choix personnel fondé sur des convictions religieuses. Le meurtre est passible de la peine de mort au Kenya, mais le pays applique un moratoire sur les exécutions ; les condamnés encourent plutôt la réclusion à perpétuité, souligne RFI.

Dans la salle, quelques proches des victimes ont salué le verdict. Francis Wanje, 62 ans, qui a perdu huit membres de sa famille, s’est dit « heureux » tout en évoquant une douleur « très lourde », selon l’AFP. Dan Mackenzie, le fils du prédicateur, qui a rompu avec lui, a parlé d’un « soulagement » et d’une vie qui « va pouvoir recommencer », a rapporté RFI.

Une affaire qui a ébranlé le pays depuis 2023

L’affaire a éclaté en avril 2023, lorsque la police est intervenue dans la forêt de Shakahola, près de Malindi, dans le comté de Kilifi, après l’alerte d’une organisation de défense des droits. Des centaines de corps ont ensuite été exhumés de fosses peu profondes : quelque 430 selon RFI, 429 selon le bilan établi en 2024 par la Commission nationale des droits humains, cité par l’AFP.

Paul Mackenzie, ancien chauffeur de taxi devenu prédicateur, avait déjà été arrêté en 2017 puis en 2019, sans être durablement inquiété, ce qui a nourri au Kenya les appels à un encadrement plus strict des organisations religieuses. Il reste visé par d’autres procédures, notamment pour homicide involontaire et terrorisme, et a été inculpé en janvier pour 52 décès supplémentaires découverts dans un village voisin, selon l’AFP. Le Bureau du directeur des poursuites publiques a salué un verdict « historique ».

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Lamia

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