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mardi 3 novembre 2026
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Bulgarie : Iliana Iotova, partisane du dialogue avec Moscou, élue présidente

Bulgarie : Iliana Iotova, partisane du dialogue avec Moscou, élue présidente

La présidente sortante Iliana Iotova, soutenue par le Premier ministre Roumen Radev et favorable à des négociations avec la Russie, a remporté dimanche 1er novembre le second tour de la présidentielle bulgare avec 57,58 % des voix, selon des résultats quasi définitifs de la Commission électorale centrale cités par Reuters, face au pro-occidental Andreï Guiourov, dans un scrutin boudé par plus de sept électeurs sur dix.

Une victoire nette, une participation au plus bas

Après dépouillement de 99,95 % des procès-verbaux, le ticket formé par Iliana Iotova et Kiril Valtchev a recueilli environ 1,1 million de voix, contre quelque 749 500 (39,47 %) pour Andreï Guiourov et Gueorgui Kandev, rapporte Reuters. Près de 3 % des votants ont coché la case « je ne soutiens personne ». Au premier tour, le 25 octobre, l’écart n’était que d’environ trois points entre les deux finalistes.

La participation se serait située entre 27 et 29 % selon les premières estimations relayées par l’AFP et Les Échos, après un premier tour à environ 23 %, un plancher historique. « Les citoyens ne voient aucun résultat, notamment sur le plan économique », explique aux Échos l’analyste Mariyan Sabev, du Center for the Study of Democracy, dans un pays qui a connu huit élections législatives en cinq ans et où l’inflation a atteint 5,1 % sur un an en septembre, selon le quotidien.

Âgée de 62 ans, ancienne journaliste et eurodéputée socialiste, Iliana Iotova a été élue deux fois vice-présidente aux côtés de Roumen Radev, en 2016 et 2021. Elle assurait la présidence depuis janvier, après la démission de ce dernier pour mener la bataille des législatives, remportées par son parti, Bulgarie progressiste, en avril. Elle devient la première femme élue à la tête de ce pays de 6,4 millions d’habitants, pour un mandat de cinq ans.

Une campagne dominée par la mer Noire

Le scrutin s’est tenu après une série de frappes de drones contre des navires marchands au large des côtes bulgares. Les 6 et 13 octobre, quatre bâtiments ont été touchés, faisant 21 disparus, selon l’AFP. Roumen Radev a jugé ces attaques favorables aux intérêts de Moscou et convoqué l’ambassadrice de Russie, tout en refusant de désigner formellement leur auteur faute de preuves.

Iliana Iotova a fait campagne en « présidente de la paix ». Elle ne remet pas en cause l’appartenance de la Bulgarie à l’Union européenne et à l’Otan, mais s’oppose à de nouvelles livraisons d’armes à Kiev et estime que la paix en Ukraine « ne peut venir que par des négociations ». Son adversaire, ancien Premier ministre par intérim et ex-vice-gouverneur de la Banque nationale, lui reprochait de ne pas nommer la Russie. « La corde sensible de la peur de la guerre a été exploitée », a commenté la sociologue Boryana Dimitrova, de l’institut Alpha Research, citée par l’AFP.

Désinformation et réseaux de trolls

Selon Les Échos, plusieurs campagnes de fausses informations ont émaillé la campagne. Après la frappe du 6 octobre, des chaînes Telegram proches du Kremlin, relayées sur Facebook, ont nié ou justifié la responsabilité russe. Une accusation selon laquelle la campagne d’Andreï Guiourov aurait été financée par un fabricant ukrainien de drones militaires a circulé de façon coordonnée, avant d’être reprise publiquement par sa rivale. Une autre rumeur lui prêtait l’annonce d’un envoi de soldats bulgares en Ukraine, démentie par son équipe auprès du site Factcheck.bg. Mariyan Sabev souligne toutefois que ces campagnes ne peuvent être attribuées directement à Moscou, la Bulgarie disposant de « ses propres réseaux de trolls ».

Un tandem au sommet de l’État

« Le peuple bulgare a choisi l’avenir plutôt que le passé », s’est félicité Roumen Radev aux côtés de la nouvelle élue, selon l’AFP. Andreï Guiourov a dit accepter « les résultats tels qu’ils sont ». La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a félicité Iliana Iotova.

Si la fonction est surtout représentative, le chef de l’État dispose d’un droit de veto sur les lois et commande les forces armées. Pour la politologue Anna Krasteva, interrogée par Les Échos, la nouvelle présidente ne jouera pas le rôle de contrepoids au gouvernement, alors que la guerre déborde désormais sur ses eaux.

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Lamia

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