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Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé mercredi 4 novembre avoir eu un échange « très détaillé » d’une heure et demie avec les émissaires de Donald Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner. L’objectif : préparer les pourparlers trilatéraux entre l’Ukraine, les États-Unis et la Russie prévus à Abou Dhabi les 10 et 11 novembre, les premiers dans ce format depuis février, selon l’AFP et Al Jazeera.
Kiev réclame un rythme soutenu
Au lendemain des élections de mi-mandat américaines, qui ont donné aux démocrates le contrôle des deux chambres du Congrès, Kiev cherche à garder la main sur le calendrier diplomatique. « Les négociations doivent avancer à plein régime pour mettre fin à cette guerre le plus vite possible. L’Ukraine est prête à prendre les mesures nécessaires », a écrit Volodymyr Zelensky sur X, cité par Al Jazeera. Le chef de l’État s’exprimait depuis Madrid, où il était en déplacement.
Steve Witkoff avait annoncé en début de semaine que Washington réunirait les délégations ukrainienne et russe aux Émirats arabes unis. Les discussions doivent porter sur les arrangements de sécurité d’après-guerre, la désescalade, les questions humanitaires et les prochaines étapes vers la paix. Vladimir Poutine avait donné son accord à ces pourparlers après avoir rencontré l’émissaire américain à Saint-Pétersbourg le 21 octobre, rappelle Al Jazeera. Côté russe, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a indiqué que le négociateur Kirill Dmitriev serait présent à Washington jeudi « si la logistique le permet », selon l’AFP citant l’agence Tass.
Les midterms rebattent les cartes à Washington
Dans un entretien à la chaîne allemande ZDF, rapporté par Al Jazeera, Volodymyr Zelensky a dit espérer que la nouvelle majorité démocrate se traduise par davantage de soutien financier et militaire, susceptible selon lui de peser sur Vladimir Poutine. À Moscou, Dmitri Peskov a dit souhaiter que Donald Trump poursuive ses « efforts en faveur de la paix », quel que soit le résultat du scrutin. À Bruxelles, la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a appelé le futur Congrès à continuer d’aider l’Ukraine et à accroître la pression sur la Russie.
Les positions restent toutefois très éloignées. Moscou maintient ses exigences, notamment que Kiev cède des territoires, se démilitarise et renonce à toute adhésion à l’OTAN, tandis que l’Ukraine place les garanties de sécurité pour l’après-guerre au cœur de ses demandes.
Olechky, une trêve locale devenue symbole
Un épisode du front sud alimente le volet humanitaire des discussions. En octobre, la Première dame américaine, Melania Trump, avait annoncé une trêve localisée autour d’Olechky, ville occupée de la région de Kherson, dont les habitants subissaient depuis des semaines des pénuries de nourriture et de médicaments. Respecté par les deux camps, ce cessez-le-feu a permis de déminer des routes et d’évacuer des civils vers l’Ukraine ou vers la Russie, selon l’AFP.
Mercredi, Volodymyr Zelensky a décerné à Melania Trump l’ordre de la Princesse Olga de première classe pour sa « contribution personnelle » à l’aide humanitaire. Elle devait recevoir jeudi à la Maison-Blanche des représentants des deux pays, dont le médiateur ukrainien pour les droits humains, Dmytro Loubinets, et son homologue russe, Iana Lantratova.
Sur le terrain, un bilan qui s’alourdit
Cette séquence diplomatique se déroule sur fond de frappes meurtrières. Le bilan du bombardement russe qui a touché lundi un point de distribution d’aide humanitaire installé dans une école de Komychouvakha, dans la région de Zaporijjia, s’élève désormais à 40 morts, a annoncé mercredi le président ukrainien. Plus de trente personnes pourraient encore se trouver sous les décombres, selon lui. Volodymyr Zelensky estime que cette frappe a gâché l’occasion ouverte par la trêve d’Olechky et montre que Moscou ne veut pas de désescalade. La mission de l’ONU pour les droits humains en Ukraine a jugé que ce bombardement violait probablement le droit international, rapporte Al Jazeera.
Les pourparlers d’Abou Dhabi diront si le changement de rapport de force à Washington modifie l’équation. Les précédentes sessions, en janvier et en février, s’étaient conclues sans percée décisive.




